TPE et PME face au coronavirus : les petits patrons face au grand virus

Matchs de football joués à huis clos, annulation du Salon du Livre, du semi-marathon de Paris, vol de matériel médical, rupture de stock de gel hydroalcoolique, papier toilette rationné, achats en masse en prévention de l’apocalypse,… Le coronavirus gagne du terrain et avec lui une certaine forme de panique ! TPE et PME s’interrogent sur les conséquences pour elles du coronavirus, Smart company! vous rapporte ci-dessous les premières informations disponibles.

Des conséquences encore imprévisibles au niveau national

Cette panique a en conséquence un impact certain sur l’économie française avec des baisses de revenus atteignant 40% en moyenne dans l’hôtellerie, 25% dans la restauration et jusqu’à 60% pour les traiteurs. Alors que les grèves contre la réforme des retraites avaient déjà ralenti l’activité économique, Bruno LeMaire annonce ainsi que le Covid-19 aura un impact de plusieurs dixièmes de points de PIB.

Alors que propose l’Etat pour venir en aide aux entreprises ? Notamment aux TPE et PME particulièrement sensibles et touchées par le coronavirus ?

Étalement des charges et chômage partiel

Déjà, le gouvernement a annoncé le maintien mais surtout la simplification des demandes d’accès à toutes les mesures :

  • d’étalement de charges fiscales et sociales
  • d’activité partielle ou
  • de dérogations sur les heures supplémentaires mises en place lors du mouvement des gilets jaunes et des grèves contre la réforme des retraites.

A ce jour, nous n’avons aucune information précise à vous communiquer concernant les mutuelles, obligatoires pour les PME et TPE.

Pas de limite budgétaire pour soutenir l’emploi

Car aujourd’hui, le chômage technique concerne 3 600 entreprises et 60 000 salariés, 4 fois plus que fin février. Un dispositif qui représente à ce stade un coût de 180 millions d’Euros pour l’Etat. Il a par ailleurs été renforcé avec une indemnité horaire compensatrice portée au niveau du Smic (8,03€ vs 7,74€ précédemment). “On est en train de regarder si on peut aller au-delà du Smic”, a ajouté la ministre du Travail, Muriel Pénicaud qui assure par ailleurs qu’elle n’a « pas de limite budgétaire » pour soutenir l’emploi.

Le dispositif Coronavirus pour TPE et PME déclenché en 48h

Concrètement, pour y avoir accès, l’employeur doit ainsi engager des démarches auprès de la Direccte donc il dépend avant de mettre son personnel en activité partielle. L’Etat s’est engagé à ce que l’administration donne son accord sous 48 heures. Le salarié placé en activité partielle reçoit alors une indemnité horaire correspondant à 84% de son salaire net.

Par ailleurs, côté échéances fiscales ou sociales, des délais de paiement supplémentaires sont accordés ainsi que des dégrèvements d’impôts pour les entreprises menacées de disparation.

Enfin, l’Etat reconnait les difficultés liées au Covid-19 comme un « cas de force majeur ». Ce qui implique par exemple qu’aucune pénalité de retard ne sera appliquée aux entreprises affectées ayant contracté des marchés publics.

Des mesures « bien calibrées » pour les TPE et PME face au coronavirus

Mais pour les différentes parties prenantes, ces mesures ne sont cependant pas forcément suffisantes. François Asselin, président de la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises), reconnaît cependant qu’elles sont “bien calibrées”.

La CPME défend la mise en place de mesures d'urgence pour protéger les PME et TPE des conséquences du coronavirus
F. Asselin (CPME) prône des mesures spécifiques aux PME et TPE face au coronavirus

Préserver l’emploi en PME et TPE malgré le coronavirus

Aligné avec Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, François Asselin demande ainsi à l’Etat un report voire une annulation totale des paiements de charges sociales. Du côté du chômage partiel, il suggère donc que l’Etat prenne en charge la part de financement restant à l’employeur. Que le reste à charge des entreprises soit pris en charge par la solidarité de manière à « préserver l’emploi » et « garder intact l’outil de travail » pour redémarrer le plus vite possible à la fin de la crise.

Il lance ainsi un appel à la fédération d’emprunt française lui demandant de « décaler les remboursements » d’entreprises qui ont des prêts en cours.

Déclencher l’état de catastrophe sanitaire

Ils sont nombreux aussi à demander à l’Etat de reconnaitre un « état de catastrophe sanitaire » équivalent à l’état de catastrophe naturelle et qui permettrait de faire jouer auprès des assureurs une garantie pertes d’exploitation.

Faire front commun

Quoi qu’il en soit, l’Etat et les différentes parties prenantes semblent vouloir faire front commun pour mettre en place un maximum de mesures permettant de soutenir les TPE et PME, « l’emploi des territoires » comme le souligne François Asselin.