Congé maternité pour l’employeur : comment réagir

Vous avez souvent peur de passer pour un réac, mais la gestion d’un congé maternité en tant qu’employeur vous fait peur, vous ennuie, vous angoisse ? Pas de miracle en la matière, donner naissance est un moment particulier pour lequel les futures mères ont besoin de prendre du temps. Désengagement, absence, surcoût, ce sont les premiers mots qui vous viennent alors à l’esprit. Et pourtant ! Le congé maternité ne demande en réalité qu’un tout petit peu d’organisation, comme toute forme de congé, de dispositif ou de droit salarial.

La “peur” de l’employeur générée par un congé maternité, un facteur de discrimination

Il est assez courant, une fois passé un certain âge, que les femmes se retrouvent face à des situations discriminantes lors d’entretiens d’embauche. Avec des questions comme « Vous avez un petit copain ? » « Vous vivez ensemble ? » « A 30 ans, vous devez vouloir des enfants, non ? ». Ou pire « Si on vous prend, vous êtes prête à ne pas avoir d’enfant dans les 12 prochains mois ? »…

En plus du fait que ces pratiques soient discriminatoires et passibles de 3 ans de prison et de 45 000 euros d’amende, elles cachent une crainte profonde des employeurs de devoir gérer un congé maternité. Peur fondée ou absurde ? Concrètement, comment cela se passe-t-il ?

Les obligations liées à un congé maternité

Déjà, si on se plonge dans le dispositif légal, qu’est-ce que le congé maternité ? C’est tout simplement la période située autour de la date présumée de l’accouchement qui permet à la future mère de s’absenter de son poste pour s’occuper de son enfant. La durée de ce congé est ainsi fixée par la loi. Il est composé de deux parties ( congé prénatal et postnatal) et peut être adapté en fonction de la situation familiale de la personne, du déroulement de sa grossesse et des conditions de naissance de l’enfant. Car l’objectif est de permettre à la future mère de se reposer avant l’accouchement et après la naissance.

Généralement, la durée commune du congé maternité est de 16 semaines : 6 avant la naissance, 10 après. Elle augmente lorsqu’il s’agit du 3e enfant : 8 avant la naissance, 18 après – pour un total de 26 semaines. On vous glisse ci-dessous une infographie et un tableau de l’assurance maladie qui récapitulent ces différents éléments :

Un congé maternité, c'est d'abord pour l'employeur une série de règles à bien respecter
Les règles de durée d’un congé maternité à respecter par les employeurs

Comment gérer l’absence de ma salariée ?

L’absence de votre salariée pendant une période donnée est donc un premier élément à prendre en compte. Mais pas de panique, un peu d’organisation et de bon sens devraient vous aider à y faire face ! CDD, freelance (cf notre article), interim, il existe de multiples solutions pour remplacer temporairement cette personne et lui permettre de partir en toute sérénité.

Dois-je craindre d’avoir un double-salaire à supporter ?

Le coût ensuite. Car on entend beaucoup de rumeurs sur le surcoût lié au congé maternité. En effet, nombreux sont ceux qui pensent que congé maternité = double salaire à payer par l’employeur. Celui de la future mère et celui de son remplacement. En passant par un freelance ce point peut déjà être partiellement résolu. Mais surtout, la caisse d’Assurance maladie dont dépend votre salariée prend en charge les indemnités journalières qui lui sont dues. Soit en les lui versant directement soit en vous les versant à vous si votre convention collective ou accord de branche implique le maintien du salaire pendant la durée du congé maternité. On parlera alors de subrogation. Dans les deux cas le résultat est le même. C’est l’Assurance maladie qui prend en charge ces indemnités. Pas de double coût pour vous donc !

Juste un point à avoir en tête, l’accumulation des congés payés soit environ 10 jours de travail (sur la base de 2,5j par mois pendant 4 mois) et quelques absences liées au suivi de grossesse (estimées à 3h par mois les 6 mois précédent l’accouchement). Une bagatelle finalement pour un tel sujet.

L’humain avant tout

Plus de peur que de mal donc ! Faire face à un congé maternité ne devrait pas être un sujet de stress pour vous. Juste une donnée à prendre en compte et pour laquelle la réponse nécessite juste un peu d’organisation. A noter qu’une entreprise qui prend à cœur ce genre de sujet et y apporte des solutions, allant parfois même au-delà du cadre légal, est une entreprise qui sera d’autant plus attrayante. En effet, comme évoqué dans notre article sur le management des nouvelles générations, celles-ci sont en demande de changement, d’un cadre de travail rénové, adapté à leurs attentes, où l’humain retrouve une place prépondérante. Parce qu’il ne faut pas l’oublier, c’est bien lui qui fait tourner la machine ! Alors homme, femme, jeune, vieux, peu importe, pensez compétences et relationnel avant tout ! Vos salariés vous le rendront au quintuple.

Et qui sait, peut-être même que la prochaine femme enceinte dans votre équipe renoncera en partie à son congé maternité 😉 (oui oui c’est légalement possible et plus courant que ce que l’on croit). Une sombre histoire de donnant donnant finalement.